Partager l'article ! 1ère Rencontre Hommes-Entreprises à Bordeaux: L'Homme au coeur de l'Entreprise: encore une utopie ? ...
L'Homme au coeur de l'Entreprise: encore une utopie ?
un affichage politiquement correct ? est-ce tout simplement réaliste ?
Ou si l'on est convaincu, comment le mettre en oeuvre, tiraillés que nous sommes entre la nécessité de gagner des parts de marché, de satisfaire nos clients, d'écouter nos collaborateurs, tout en respectant la volonté de l'actionnaire...
C'est parfois la quadrature du cercle...
et le CECA et ses partenaires de l'Université sont parfois pris pour des doux rêveurs...
C'est pourquoi nous organisons cette 1ère Rencontre Hommes-Entreprises dans le très beau cadre du CAPC.
Le but?
D'une part, de continuer la réflexion engagée lors des dernières Universités Hommes-Entreprises avec un brillant intervenant du CPA (Executive MBA) , Emmanuel Toniutti, philosophe et théologien sur le thème: " Comment développer un leadership éthique et responsable ?"
d'autre part, réunir un panel de décideurs qui ont envie de prolonger la réflexion née des Universités ou de leurs propres réflexions et leur permettre d'échanger entre eux, sur cette idée.
La réussite de cette fin d'après-midi (16h30-20h30) se mesurera à l'aune de la qualité et de la profondeur des échanges et des témoignages.
Afin d'optimiser cette fin de journée, nous vous proposons de livrer dès maintenant vos réflexions et témoignages à ce blog, ils enrichisseront nos échanges du 26 mai .
d'avance, merci !
Christophe et Muriel, pour le CECA
voir aussi l'interview d'Emmanuel Toniutti dans : Aqui.fr sur le lien suivant: http://www.aqui.fr/tempsforts/interview--emmanuel-toniutti-je-suis-pour-un-retour-aux-idees-premieres-du-liberalisme,3308.html
Commentaire n° 1
Chère Muriel, cher Christophe,
Vous vous interrogez tout d'abord sur le réalisme de la formule : l'Homme au cœur de l'Entreprise.
Sur ce premier point, rassurez-vous, la réponse est évidente et légitime - si besoin était - votre quête.
Un raisonnement par l'absurde des plus rudimentaires devrait suffire à convaincre les plus récalcitrants.
De sa trivialité, veuillez me pardonner, mais puisqu'il faut que notre cervelle dégénérée se posât encore de telles questions, je me lance...
Si pas d'homme au cœur de l'entreprise, pas d'entreprise !
D'entreprise d'hommes, j'entends, étant entendu que l'on se contrefiche ici pas mal des entreprises d'autres espèces (la meute de loups qui cherche pitance, la colonne de fourmis qui construit une digue, etc.) qui ne déméritent pourtant nullement et n'ont souvent aucunement à pâlir devant les nôtres, sur les questions d'éthique notamment, mais c'est là une toute autre histoire...
Les puristes rétorqueront que le fait que toutes les entreprises (d'hommes !) connues aient des hommes et donc l'Homme en leur sein, ou plutôt en leur cœur comme vous dites, ne prouve pas que toutes les entreprises en aient... des hommes au cœur, vous suivez ? C'est l'histoire du cygne noir et des cygnes blancs, sur laquelle je ne vais pas m'étendre.
Laissez ceux-là à leurs pirouettes et continuons avec le plus grand nombre qui s'accordera, non sans peine, sur l'idée que : "qui dit Entreprise dit Homme". Et inversement ?
Alors pourquoi cette question ?
Et bien peut-être parce qu'au sein du système (au cœur direz-vous encore, c'est une manie ?) d'hommes et de femmes qui la constitue et dans lequel évolue cette entreprise, actionnaires dirigeants salariés clients fournisseurs, reliés les uns aux autres par drôle de bobine de fil, vu de l'intérieur comme de l'extérieur, l'équité de traitement fait parfois tellement défaut, que l'on en vient à se demander si tous sont bien au cœur de l'entreprise, ou bien si certains ne sont pas plutôt traités comme des pieds, et donc seulement à la botte de l'entreprise !
Pourtant, les pieds sont au cœur du corps, n'est-ce pas ? De plus, sans pied, l'entreprise aura du mal à marcher... poil au nez ? On marche vraiment sur la tête...
Si l'entreprise est un corps, les hommes et les femmes qui la constituent en sont bel et bien les membres !
Que le méchant actionnaire l'ait oublié l'espace d'un instant ? Probable... Mais l'a-t-il fait contre les salariés de l'entreprise ? Il y a de grandes chances que non. Il l'a sûrement fait pour deux raisons très simples, qui souvent nous motivent, et donc nous mettent en mouvement. La première, pour la satisfaction des besoins de sa famille, de ses enfants... La seconde ? Parce qu'on lui a permis, que dis-je, offert la possibilité, vanter les mérites de l'opération !
Que l'abject dirigeant qui roule sur l'or et en jaguar l'ait oublié également ? Combien sont-ils dans ce cas ? Pour ceux-là, croyez-vous qu'il soit facile de renoncer à ce qui vous est gracieusement porté sur un plateau d'argent ? Que diront sa femme et ses pairs et ses parents, lorsqu'il leur annoncera par communiqué de presse un matin : "ça suffit ! J'ai tout plaqué, ou presque, je renonce à tous mes avantages et entends continuer mon action - si les salariés m'en jugent digne - en ne gagnant plus - comme eux - qu'un SMIC et pis c'est tout; comme dirait l'autre !" Là encore, le système, rien de plus, ou presque... Les plus sages de son entourage se réjouiront pour lui... Jusqu'au moment pour la plupart, où ils en auront assez de faire les poubelles de supermarché pour garnir leur dernière assiette en porcelaine..
Changer le système ? Donner le moyen à ce patron de dire à ses jeunes enfants : "Papa travaille plutôt avec sa tête, d'autres surtout avec leur cœur, d'autres enfin principalement avec leurs bras, et nous sommes tous payés en proportion du temps passé à réaliser cette entreprise, ce bel ouvrage".
Seront-ils choqués ? Diront-ils "Papa est devenu fou ou a viré co-co" ? Pensez-vous un instant qu'ils bêleront : "ce Papa, quel idéaliste ?!" Non, et vous le savez bien même si cela fait froid dans le dos (c'est la conscience qui s'éveille), ils trouveront cela tout à fait normal, ces enfants, nos enfants, ils souriront même - peut-être - en se disant que tout cela est très bien ainsi, et feront de beaux rêves cette nuit-là !
Dites-leur à présent que leur père gagne cent fois plus que cet autre qui travaille avec lui, au motif qu'il a étudié plus longtemps et à plus de responsabilité. Justifier par la même que cet autre n'est pas de toit et peine à nourrir ses enfants. Si ce n'est pas tout à fait normal, si cela sonne faux, dites-lui enfin que c'est en tout cas une bonne leçon de vie, et qu'il faut bien travailler à l'école parce que l'acharnement et le mérite, ça paie...
Vous ferez alors de vos enfants ce que nous sommes, ce que nous sommes devenus : des têtes creuses et des cœurs vides ! Mais voilà que je m'égare...
Comment mettre en œuvre cette utopie, demandiez-vous ? Pour cela, il n'est pas, je crois, nécessaire de changer de grand méchant système, Dieu merci !
Pourquoi ?
Parce que le premier système à vous rendre la vie telle qu'elle vous paraît est en vous-même ! Et que donc, armé d'une once de prise de conscience et d'un zeste de courage, vous pourrez faire en sorte, non pas dans l'entreprise du voisin ou dans celle de France et de Navarre, mais déjà dans la vôtre, que chacun ait une place qui lui permette de parler avec ses enfants de son travail, la tête haute et le cœur battant.
Comment ?
Ce n'est pas si compliqué, foi de volaille !... Pour autant, que vous soyez motivés, prêts à mettre vos trippes sur la table plutôt que celles d'autrui, prêt à employer toute votre énergie, non pas pour vous lamenter et déblatérer sur un système qui marche sur la tête, ce qu'il fait à n'en point douter vu d'en haut, mais simplement pour rectifier le tir, si besoin, à votre échelle, celle de bois brut qui ne dépend que de vous !
Vos enfants vous regarderont alors d'un autre œil, ce qui en soit devrait déjà en motiver un bon quart sud ouest ! Mais vous vous apercevrez aussi peut-être de surcroît, gonflés comme un coq devant une poule d'une indicible joie, que croissent en vous confiance, champs d'action et rayonnement, agités que vous serez de partager ces idées simples et belles, ravis de
l'Homme, l'Entreprise, l'Actionnaire...
A la veille de cette première rencontre du CECA, je me pose une "question holomorphique": l'homme n'est-il pas plus au coeur de l'entreprise quand l'actionnaire est lui même un Homme ? les sociétés du CAC 40 n'ont-elles pas plus de mal à faire vivre les valeurs qu'elles affichent "humanisme, ouverture, respect..." que les sociétés familiales ? où vit-on le mieux, chez Dior (LVMH) ou chez Chanel ? chez Castorama ou chez Leroy-Merlin ?
Bonjour Frédérique
merci pour votre contribution: j'ai longtemps partagé votre avis, qui correspond d'ailleurs aux sondages publiés régulièrement: plus l'entreprise est modeste, plus elle est aimée des Français; plus elle est grosse, plus le désamour est grand: il culmine (ves le bas) avec les multinationales cotées en Bourse...
mais... au CECA, nous travaillons avec des entreprises du CAC 40 où, du directeur général de région jusqu'à l'assistante, règne à la fois une atmosphère d'engagement dans le travail et d'écoute des besoins du salarié : je pense en particulier à l'une d'elle qui a été longtemps été notre 1er client formation...
Quand je regarde autour de moi, à Bordeaux, comme à Paris, je constate que les PME ne sont pas toutes exemplaires sur le plan humain... et que certaines, bien connues, sont même soupçonnées de harcèlement dans certains cas...
donc je pense que d'autres paramètres sont déterminants, comme l'engagement du dirigeant et sa croyance ou non au développement humain, mais également à la culture d'entreprise et la santé financière de l'entreprise: plus elle est prospère, moins la pression se fait normalement sentir...
J'ai connu cela au CECA, une TPE de 10 salariés qui a valeur de laboratoire...
Nous aurons l'occasion d'échanger cette ap midi là-dessus !
bien à vous
Christophe de La Chaise
Christophe
Je viens de lire les quelques lignes de présentation du thème de ce soir.
Le sujet me paraît brulant d'actualité... Mais au-delà du thème spécifique, c'est le simple fait de faire s'assoir ensemble quelques heures durant, des acteurs de l'entreprise et de les
faire réfléchir sur le sens de leur travail et la manière de le vivre, de l'exécuter, sur leur responsabilité et tout ça en vérité, qui me paraît pertinent et très intéressant. La question du
leadership dans l'entreprise et dans les relations économiques est essentielle. Ta présentation est bien vue et le commentaire qui suit est assez marrant.
En tous cas, je suis curieux de voir et d'entendre tout ça cette ap midi.
Cordialement
Vincent
Chère Muriel, cher Christophe,
Vous vous interrogez tout d'abord sur le réalisme de la formule : l'Homme au cœur de l'Entreprise.
Sur ce premier point, rassurez-vous, la réponse est évidente et légitime - si besoin était - votre quête.
Un raisonnement par l'absurde des plus rudimentaires devrait suffire à convaincre les plus récalcitrants.
De sa trivialité, veuillez me pardonner, mais puisqu'il faut que notre cervelle dégénérée se posât encore de telles questions, je me lance...
Si pas d'homme au cœur de l'entreprise, pas d'entreprise !
D'entreprise d'hommes, j'entends, étant entendu que l'on se contrefiche ici pas mal des entreprises d'autres espèces (la meute de loups qui cherche pitance, la colonne de fourmis qui construit une digue, etc.) qui ne déméritent pourtant nullement et n'ont souvent aucunement à pâlir devant les nôtres, sur les questions d'éthique notamment, mais c'est là une toute autre histoire...
Les puristes rétorqueront que le fait que toutes les entreprises (d'hommes !) connues aient des hommes et donc l'Homme en leur sein, ou plutôt en leur cœur comme vous dites, ne prouve pas que toutes les entreprises en aient... des hommes au cœur, vous suivez ? C'est l'histoire du cygne noir et des cygnes blancs, sur laquelle je ne vais pas m'étendre.
Laissez ceux-là à leurs pirouettes et continuons avec le plus grand nombre qui s'accordera, non sans peine, sur l'idée que : "qui dit Entreprise dit Homme". Et inversement ?
Alors pourquoi cette question ?
Et bien peut-être parce qu'au sein du système (au cœur direz-vous encore, c'est une manie ?) d'hommes et de femmes qui la constitue et dans lequel évolue cette entreprise, actionnaires dirigeants salariés clients fournisseurs, reliés les uns aux autres par drôle de bobine de fil, vu de l'intérieur comme de l'extérieur, l'équité de traitement fait parfois tellement défaut, que l'on en vient à se demander si tous sont bien au cœur de l'entreprise, ou bien si certains ne sont pas plutôt traités comme des pieds, et donc seulement à la botte de l'entreprise !
Pourtant, les pieds sont au cœur du corps, n'est-ce pas ? De plus, sans pied, l'entreprise aura du mal à marcher... poil au nez ? On marche vraiment sur la tête...
Si l'entreprise est un corps, les hommes et les femmes qui la constituent en sont bel et bien les membres !
Que le méchant actionnaire l'ait oublié l'espace d'un instant ? Probable... Mais l'a-t-il fait contre les salariés de l'entreprise ? Il y a de grandes chances que non. Il l'a sûrement fait pour deux raisons très simples, qui souvent nous motivent, et donc nous mettent en mouvement. La première, pour la satisfaction des besoins de sa famille, de ses enfants... La seconde ? Parce qu'on lui a permis, que dis-je, offert la possibilité, vanter les mérites de l'opération !
Que l'abject dirigeant qui roule sur l'or et en jaguar l'ait oublié également ? Combien sont-ils dans ce cas ? Pour ceux-là, croyez-vous qu'il soit facile de renoncer à ce qui vous est gracieusement porté sur un plateau d'argent ? Que diront sa femme et ses pairs et ses parents, lorsqu'il leur annoncera par communiqué de presse un matin : "ça suffit ! J'ai tout plaqué, ou presque, je renonce à tous mes avantages et entends continuer mon action - si les salariés m'en jugent digne - en ne gagnant plus - comme eux - qu'un SMIC et pis c'est tout; comme dirait l'autre !" Là encore, le système, rien de plus, ou presque... Les plus sages de son entourage se réjouiront pour lui... Jusqu'au moment pour la plupart, où ils en auront assez de faire les poubelles de supermarché pour garnir leur dernière assiette en porcelaine..
Changer le système ? Donner le moyen à ce patron de dire à ses jeunes enfants : "Papa travaille plutôt avec sa tête, d'autres surtout avec leur cœur, d'autres enfin principalement avec leurs bras, et nous sommes tous payés en proportion du temps passé à réaliser cette entreprise, ce bel ouvrage".
Seront-ils choqués ? Diront-ils "Papa est devenu fou ou a viré co-co" ? Pensez-vous un instant qu'ils bêleront : "ce Papa, quel idéaliste ?!" Non, et vous le savez bien même si cela fait froid dans le dos (c'est la conscience qui s'éveille), ils trouveront cela tout à fait normal, ces enfants, nos enfants, ils souriront même - peut-être - en se disant que tout cela est très bien ainsi, et feront de beaux rêves cette nuit-là !
Dites-leur à présent que leur père gagne cent fois plus que cet autre qui travaille avec lui, au motif qu'il a étudié plus longtemps et à plus de responsabilité. Justifier par la même que cet autre n'est pas de toit et peine à nourrir ses enfants. Si ce n'est pas tout à fait normal, si cela sonne faux, dites-lui enfin que c'est en tout cas une bonne leçon de vie, et qu'il faut bien travailler à l'école parce que l'acharnement et le mérite, ça paie...
Vous ferez alors de vos enfants ce que nous sommes, ce que nous sommes devenus : des têtes creuses et des cœurs vides ! Mais voilà que je m'égare...
Comment mettre en œuvre cette utopie, demandiez-vous ? Pour cela, il n'est pas, je crois, nécessaire de changer de grand méchant système, Dieu merci !
Pourquoi ?
Parce que le premier système à vous rendre la vie telle qu'elle vous paraît est en vous-même ! Et que donc, armé d'une once de prise de conscience et d'un zeste de courage, vous pourrez faire en sorte, non pas dans l'entreprise du voisin ou dans celle de France et de Navarre, mais déjà dans la vôtre, que chacun ait une place qui lui permette de parler avec ses enfants de son travail, la tête haute et le cœur battant.
Comment ?
Ce n'est pas si compliqué, foi de volaille !... Pour autant, que vous soyez motivés, prêts à mettre vos trippes sur la table plutôt que celles d'autrui, prêt à employer toute votre énergie, non pas pour vous lamenter et déblatérer sur un système qui marche sur la tête, ce qu'il fait à n'en point douter vu d'en haut, mais simplement pour rectifier le tir, si besoin, à votre échelle, celle de bois brut qui ne dépend que de vous !
Vos enfants vous regarderont alors d'un autre œil, ce qui en soit devrait déjà en motiver un bon quart sud ouest ! Mais vous vous apercevrez aussi peut-être de surcroît, gonflés comme un coq devant une poule d'une indicible joie, que croissent en vous confiance, champs d'action et rayonnement, agités que vous serez de partager ces idées simples et belles .