economie

Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 10:26




Le LBO* peut-il être au service de l’Homme ?

 

Jamais on n’aura autant décrié les LBO* que durant cette période de crise financière…

Beaucoup s'inquiètent, à juste titre,  de l'issue d'un certain nombre de LBO, que les entreprises vont avoir le plus grand mal à rembourser.

Comme fréquemment, on décrie un système après l’avoir porté aux nues…

Lors d’un dîner d’anciens du programme Executive CPA, à Bordeaux, j’ai eu l’occasion d’écouter le témoignage captivant d’une « success story », celle de Ceva Santé Animale, par son PDG, Philippe du Mesnil.

 

L’histoire commence plutôt mal : à l’époque (1995),  le groupe Sanofi cherche à vendre sa filiale vétérinaire, Sanofi Santé Animale, jugée non stratégique ; mais sans succès : première déception : si elle ne se vend pas, c’est donc qu’elle n’a pas de valeur ? …et premier constat du DG Philippe du Mesnil : si on n’a pas de valeur sur le marché, c’est parce qu’on n’a pas de projets…

 

Après avoir évité de justesse la vente à un groupe d'investisseurs peu recommandable, le dirigeant mobilise ses adjoints et négocie la sortie de la filiale au moyen d’un LBO bien préparé et d’un projet d’entreprise à 5 ans.

Prise de risque : pour s’assurer une part non négligeable du capital, Philippe du Mesnil investi dans la nouvelle société (Ceva Santé Animale)  pas moins de 2 ans de son salaire et convainc ses cadres dirigeants d’investir 1 an de leur rémunération.

Leur projet est simple : s’approprier la société pour maîtriser leur destin en jouant sur une forte mobilisation des salariés.

La stratégie : se lancer dans les vaccins, y compris ceux qui avaient à peu près disparus (et auxquels leurs concurrents ne croyaient pas) et se développer à l’international.

Le rythme de travail est dantesque mais les résultats sont impressionnants : en 8 ans,  le chiffre d’affaires passe de 150 M€ à 400 M€ et les bénéfices sont multipliés par 7 !!

Dans le même temps, le « pacte d’actionnaires » est élargi : de 15 cadres (essentiellement le Comité de Direction) en 1999, il passe à plus de 400 cadres en 2007 et leur mise de fond est multipliée par 7 !!

 

La communication interne, la politique RH ont été déterminantes dans cette réussite : durant toutes ses années, Philippe du Mesnil et son équipe dirigeante n’ont pas ménagé leurs efforts pour encourager les salariés à investir dans la société et à se dépenser sans compter.

La communication était claire : « c’est un investissement, vous prenez des risques » ;

Mais l’exemplarité des dirigeants a certainement convaincu : au 2ème LBO, ils ont réinvesti 2/3 de leurs gains !

Enfin, ils ont su également bien négocier leur reprise, en 2007, en préemptant la vente pour prendre le contrôle de la société et éviter ainsi la mise en place d'une dette énorme dont les frais financiers auraient épuisé les ressources de la société au détriment de l'investissement.

De cette expérience tout-à-fait probante, je tire 2 enseignements:

1) que le LBO peut être un outil financier intéressant, à condition de le manier avec prudence et discernement.

2) que comme toute conduite de projet, le charisme du dirigeant, son exemplarité, son discernement et la communication auprès des collaborateurs sont essentiels pour atteindre l'objectif.

 

* LBO : Leverage Buy Out : c’est le financement d’acquisition d’une société par l’emprunt. Pour racheter une société, on a recours à l’endettement bancaire en générant un effet de levier qui facilite l’acquisition.

 

 

 

 

Par Chris - Publié dans : economie
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 20:04

 

 

 

Ethique et valeurs.

Le 15 janvier dernier, à l’initiative d’Olivier Roquain, nous sommes une trentaine réunis autour de Philippe DESSERTINE, directeur de l’Institut de Haute Finance (IHF), professeur d’économie à Paris X et…brillant économiste, pour un éclairage sur la crise économique.

 

Comment est née la crise ?

L’Europe vit au-dessus de ses moyens depuis 20 ans…

En 1989, la chute du mur de Berlin et l’ouverture vers les pays de l’est marquent un tournant dans la mondialisation.

Pour nous, occidentaux, la mondialisation signifie qu’il va falloir partager la galette avec d’autres : les pays émergents

Durant la période 1990-2000, le monde vit une période de croissance exceptionnelle.

Mais l’intégration des pays de l’est et la mise en place de l’Euro vont coûter 1 à 2 points de croissance par pays.

Or, pour les politiques, il est proprement impossible d’annoncer à leurs électeurs une baisse de leur pouvoir d’achat…

On va donc utiliser la dette pour maintenir la consommation.

 

Aux Etats-Unis : la relance par l’immobilier

A partir de l’an 2000, Allan Greenspan va baisser les taux d’intérêt (alors que la richesse du pays diminue…) avec une idée pratique : que chaque Américain devienne propriétaire.

Les conditions sont trop belles : le foyer moyen peut acquérir une maison payée à 100% par le crédit ! avec très souvent une possibilité de remboursement in fine…

Tout le monde se précipitant sur ces conditions, l’immobilier grimpe, les maisons prennent de la valeur et les acheteurs sont de plus en plus nombreux.

 

Beaucoup de monnaie créée sans produire de richesse aurait dû conduire au krach à brève échéance…

Celui-ci est évité grâce à la Chine qui achète massivement des dollars, permettant aux Américains de dépenser…en achetant du « made in China » !

(Elle a actuellement 2200 milliards de dettes en dollars !!!) soit la production d’une année entière…

En 2005, les Chinois produisent de plus en plus avec un risque de surchauffe.

Les Américains augmentent alors leurs taux pour éviter que l’immobilier ne baisse…

En parallèle sont apparus des « hedge funds », fonds spéculatifs non réglementés, permettant d’emprunter à taux bas avec des possibilités de rémunérations – et de risques- très élevés.

Les achats de hedge funds se sont propagés petit à petit dans toutes les banques, contaminant les banques traditionnelles avec des produits spéculatifs…

C’est cela qui va amener la crise des subprime.

 

Le Krach !

Le 1er krach a lieu en mars 2008 avec la faillite de Bear Stearns, une des plus grandes banques d’investissement américaine.

Le 2ème pic est la faillite de Freddy et Fannie, grosse société de crédits hypothécaires, le 1er week- end de sept 2008.

L’état américain se porte caution pour 5 000 milliards de dollars !!

Le 2ème w end, nouveau tremblement de terre avec la faillite de Lehmann Brothers, une des plus grandes banques d’investissement multinationale (CA de 46 milliards en 2006) .

A chaque fois, il faut trouver d’urgence un repreneur…

Bref, l’économie mondiale est passée bien près d’un véritable cataclysme…

 

Et après ?

La plupart des pays riches ont vécu au-dessus de leur moyen : les Etats-Unis, mais aussi la France, qui a laissé courir de façon totalement irresponsable le déficit de l’Etat.

 

Bref, Philippe Dessertine nous recommande une cure de rigueur, un adjectif  dont il va bien falloir s’accommoder… et nous promet – dans son nouveau livre : « Ceci n’est pas une crise » (éditions Anne Carrière) une société qui pourrait être plus juste et équitable, si nous acceptons de nous retrousser les manches !

 

Tour à tour grave, sérieux, enjoué, Philippe Dessertine nous a fait passer une excellente soirée, en nous faisant revivre ces incroyables évènements au travers des yeux et des paroles des principaux protagonistes, qu’il rencontre entre Paris, Londres et New-York.

 

Il sera présent bien sûr à notre 15ème Université Hommes-Entreprises sur la confiance, les 26 et 27 août 2009.

 

Par CECA - Publié dans : economie
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