Economie

Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 18:27

Le mois d’août et cette dernière semaine, les grandes places boursières ont été durement secouées.

Certes, on a pu constater dans le passé que les variations du marché n’étaient pas forcément corrélées à l’économie réelle, mais ces variations de la Bourse ont bien comme origine la faiblesse d’un certain nombre de pays de la zone euro.

Comme lors des dernières élections présidentielles, de nombreux candidat(e)s se pressent pour obtenir le suffrage des Français.

Il est heureux de constater que nous ne manquons pas de personnalités pour relever le double défi qui se pose(!):

-          Redonner une vision, un souffle, à un pays qui ne manque pas de talents ;

-          Prendre à bras le corps le problème du désendettement de l’état français.

Deux qualités paraissent incontournables pour nos candidats : le leadership et le courage, ce qu’exprime particulièrement bien l’économiste Philippe Dessertine dans notre quotidien régional du sud ouest du 12 septembre: :

«  Il suffirait d’un rien pour y parvenir (à une régulation de l’euro) ; ce rien s’appelle la France»

« Il faudra qu’auparavant la France ait assurée son rôle ; qu’elle ait pu mettre en place une vraie politique d’austérité… qui serait défendue par des responsables politiques disposant enfin de la seule qualité requise lors des grands rendez-vous d’une nation avec son destin : le courage. »

Les défis sont faits pour être relevés ; encore faut-il les énoncer clairement.

Voici comment, le 27 août 2009, lors de la 15ème Université Hommes-Entreprises, Philippe Dessertine parlait de la situation financière et du défi de l’assainissement de la dette dans le monde :

 

Par Chris - Publié dans : Economie - Communauté : Hommes-entreprises
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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 18:41

 

Voici un article intéressant, publié suite à l'Université Hommes-Entreprises, en forme de synthèse, par Patrick Beauvillard, Conseiller Régional d'Aquitaine, sur le temps de la politique, un sujet qui intéresse tous citoyens.

merci de cette contribution

 

La valeur du temps politique

Depuis l’an dernier, je participe en la fin du mois d’août, à l’université Hommes-Entreprises organisée par le CECA. C’est un lieu d’humanisme, dont la vocation est de redonner sa place à l’homme dans l’entreprise. La période, en fin de congés et quelques jours avant la reprise, est propice à la prise de recul. L’esprit est encore libre et prend plus de hauteur que dans les périodes d’activité frénétique.

Cette année, le thème des 2 jours était « la valeur du temps ». Ce qui m’amène dans cette chronique à m’interroger sur la valeur du temps politique.

Le premier intervenant, Jean-Louis Servan-Schreiber, attirait notre attention sur le fait que ce n’est pas le temps qui accélère ! Il reste toujours lui-même, immuable, et très démocratique puisque qu’il est le même pour tous. En revanche ce qui diffère, c’est l’usage que nous faisons du temps. Et là, deux points essentiels apparaissent.

Le temps de la réflexion s’est atrophié

A vouloir tout mettre dans son emploi du temps, « le présent devient tellement bourré que l’on ne peut se souvenir du passé, ni penser à l’avenir ». Et donc, toujours selon Servan-Schreiber, on ne réfléchit plus. On agit… Ou plutôt, on réagit. Mais quelle action sensée peut-on mettre en place sans une réflexion approfondie préalable ? L’exemple de notre endettement est tout à fait révélateur. Il est le résultat de suites de réactions immédiates, prises sans considération des conséquences à long terme, et pour répondre à des besoins immédiats. Et le plan de désendettement présenté ces jours-ci est un autre exemple de réactions prises à la hâte, tellement rapidement et sans anticipation que dès la première journée de débat à l’assemblée nationale, 2 des 3 premières mesures examinées seront supprimées ! A faire trop vite, on risque fort d’avoir à défaire.

Isabelle Sorente, écrivaine et mathématicienne prêchait pour que nous sachions « redevenir des hommes et des femmes d’actions philosophes ». Et elle ajoutait « action et philosophie vont de pair.  C’est un défi d’une extrême grandeur d’allier les deux. »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le monde politique, et plus encore sous le présent quinquennat, à vouloir aller trop vite, semble avoir oublié de réfléchir.  Dans mon métier de chef de projet, j’ai l’habitude de ralentir le rythme des projets lors de leur démarrage : il faut savoir prendre du temps, aller lentement, pour aller vite ensuite.

Le courtermisme accroit l’impatience

Le deuxième point concerne le courtermisme. En accroissant le rythme de toute chose, on accroit l’impatience. Et l’impatience a des conséquences tout à fait dramatique. Par exemple, les chercheurs ont observé ces dernières années aux USA, une perte de 30%  de l’aptitude à lire et à écrire chez les jeunes, conséquence de leur impatience.

Et le monde politique n’est pas en reste bien sûr. Chaque élu ayant sa réélection en ligne de mire, il lui est indispensable de faire des choses qui se voient vite. Et les choses qui ne se voient pas, ou qui sont de longue haleine, n’auront pas la priorité qu’elles méritent pourtant. Ce problème est inhérent à la démocratie. Mais il explique les graves situations de nos sociétés, incapables d’anticiper les tendances lourdes : retraite, vieillissement, épuisement des ressources naturelles…

Équilibrer les « trois temps »

Matthieu Ricard, moine bouddhiste, interprète du Dalaï Lama, a bien résumé les enjeux en rappelant qu’il y a trois temps, et que chacun a ses indicateurs propres.

Le court terme, malheureusement largement dominant, est mesuré par des indicateurs tels que le profit trimestriels des sociétés cotées, ou la cote de popularité des hommes politiques, mesurée tous les mois. Les indicateurs d’ailleurs entraînent des réactions immédiates pour espérer les infléchir. Le court terme engendre le court terme.

Le moyen terme, avec son indicateur que Matthieu Ricard nous propose: le bonheur ! Peut-être ne le savez-vous pas, mais il existe un pays, le Bhoutan, qui en 1972 a créé un nouvel indicateur pour mesurer l’évolution du niveau de vie de son pays. Plutôt que de parler de PNB (Produit National Brut), il a instauré le BNB, le Bonheur National Brut. Il permet de mesurer à la fois la croissance et le développement économiques, la conservation et la promotion de la culture, la sauvegarde de l’environnement et l’utilisation durable des ressources, et la bonne gouvernance responsable. Ce minuscule pays d’Asie nous montre qu’il est possible de viser plus loin.

Enfin le long terme, mesuré par l’évolution des grands équilibres de notre planète et des ressources naturelles.

Le temps du politique devrait être équilibré entre ces trois temps, court, moyen et long terme.

Quelques pistes pour améliorer le temps politique

Vous le savez, j’aime terminer mes billets avec des propositions, concrètes si possible, histoire de montrer que réflexion et action peuvent être conciliées ! Quelles peuvent être les pistes pour améliorer le temps politique ?

Il y a d’abord les fausses bonnes idées…

J’étais de ceux qui étaient pour le passage du septennat en quinquennat. Aujourd’hui, je pense que c’était une erreur, que nous avons cédé à l’impatience. On le voit bien lors de cette séquence sur le désendettement. Dans l’année qui précède les présidentielles, les vrais sujets ne sont plus traités. Les réformes structurelles nécessaires (voir mon précédent article sur l’indispensable révolution fiscale) mise en attente. Au lieu de cela, le plan proposé est un plan de rustine. Raccourcir le mandat présidentiel aura je crois aggravé le déséquilibre entre court terme et moyen terme.

Alors quelles sont les bonnes idées. J’en citerai 3 :

Stopper le cumul des mandats.

Nous avons vu plus haut comment remplir le présent empêchait de se pencher sur l’avenir. Les élus qui cumulent 2 ou 3 mandats importants, plus toutes les représentations qui en découlent, ne peuvent pas, j’en ai l’intime conviction, concilier action et réflexion. Ils travaillent dans l’urgence, de manière réactive. Ils n’anticipent plus. La seule manière que je connaissance pour remédier à cela est d’alléger leur emploi du temps ! Et de n’exercer qu’un seul (voire 2 dans certains) mandat.

Limiter le renouvellement des mandats

Limiter le renouvellement des mandats est également un moyen pour alléger la pression du court terme, et rééquilibrer les trois temps du politique. Certains entrepreneurs ont décidé de quitter la bourse, pour échapper à l’emprise du court terme, et ne pas être pénalisé lorsqu’il mène une politique de long terme. Les mandats en moyenne sont de 5 ou 6 ans. Les limiter à 1 renouvellement permettrait de redonner un peu d’air à notre démocratie, de la faire mieux respirer, et je crois, d’amener les élus à réfléchir à plus long terme.

Instaurer un système d’évaluation des politiques publiques

Comme tout projet, une politique doit être évaluable. On a vu le Président de la République, surtout au début de son mandat, s’inspirer très largement des méthodes d’évaluation utilisées dans le privé pour créer des indicateurs de son action. L’idée était bonne, mais cela a conduit à des erreurs car cela a été particulièrement mal fait. On a vu apparaître la « politique du chiffre », où l’objectif n’est plus de remplir sa mission, mais d’obtenir le bon indicateur.

Un système d’évaluation bien pensé permet de distinguer les objectifs à atteindre, les finalités recherchées et les moyens à mettre en œuvre. Il permet de trouver des indicateurs qui permettent d’évaluer que les moyens sont correctement utilisés, que les objectifs sont atteints, et qu’ils permettent effectivement d’obtenir les résultats escomptés. Ces indicateurs ne sont pas les mêmes dans le temps, ils évoluent. On ne regarde pas le même indicateur à court, moyen ou long terme.

Le jour où ces pratiques d’évaluation des projets seront employées avec rigueur et dans la concertation pour mesurer l’action du politique, alors il n’aura plus l’œil rivé sur sa côte de popularité en temps réel, et pourra se concentrer pleinement à son mandat.

référence:

http://www.beauvillard.net/la-valeur-du-temps

Par Chris - Publié dans : Economie - Communauté : Hommes-entreprises
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 10:26




Le LBO* peut-il être au service de l’Homme ?

 

Jamais on n’aura autant décrié les LBO* que durant cette période de crise financière…

Beaucoup s'inquiètent, à juste titre,  de l'issue d'un certain nombre de LBO, que les entreprises vont avoir le plus grand mal à rembourser.

Comme fréquemment, on décrie un système après l’avoir porté aux nues…

Lors d’un dîner d’anciens du programme Executive CPA, à Bordeaux, j’ai eu l’occasion d’écouter le témoignage captivant d’une « success story », celle de Ceva Santé Animale, par son PDG, Philippe du Mesnil.

 

L’histoire commence plutôt mal : à l’époque (1995),  le groupe Sanofi cherche à vendre sa filiale vétérinaire, Sanofi Santé Animale, jugée non stratégique ; mais sans succès : première déception : si elle ne se vend pas, c’est donc qu’elle n’a pas de valeur ? …et premier constat du DG Philippe du Mesnil : si on n’a pas de valeur sur le marché, c’est parce qu’on n’a pas de projets…

 

Après avoir évité de justesse la vente à un groupe d'investisseurs peu recommandable, le dirigeant mobilise ses adjoints et négocie la sortie de la filiale au moyen d’un LBO bien préparé et d’un projet d’entreprise à 5 ans.

Prise de risque : pour s’assurer une part non négligeable du capital, Philippe du Mesnil investi dans la nouvelle société (Ceva Santé Animale)  pas moins de 2 ans de son salaire et convainc ses cadres dirigeants d’investir 1 an de leur rémunération.

Leur projet est simple : s’approprier la société pour maîtriser leur destin en jouant sur une forte mobilisation des salariés.

La stratégie : se lancer dans les vaccins, y compris ceux qui avaient à peu près disparus (et auxquels leurs concurrents ne croyaient pas) et se développer à l’international.

Le rythme de travail est dantesque mais les résultats sont impressionnants : en 8 ans,  le chiffre d’affaires passe de 150 M€ à 400 M€ et les bénéfices sont multipliés par 7 !!

Dans le même temps, le « pacte d’actionnaires » est élargi : de 15 cadres (essentiellement le Comité de Direction) en 1999, il passe à plus de 400 cadres en 2007 et leur mise de fond est multipliée par 7 !!

 

La communication interne, la politique RH ont été déterminantes dans cette réussite : durant toutes ses années, Philippe du Mesnil et son équipe dirigeante n’ont pas ménagé leurs efforts pour encourager les salariés à investir dans la société et à se dépenser sans compter.

La communication était claire : « c’est un investissement, vous prenez des risques » ;

Mais l’exemplarité des dirigeants a certainement convaincu : au 2ème LBO, ils ont réinvesti 2/3 de leurs gains !

Enfin, ils ont su également bien négocier leur reprise, en 2007, en préemptant la vente pour prendre le contrôle de la société et éviter ainsi la mise en place d'une dette énorme dont les frais financiers auraient épuisé les ressources de la société au détriment de l'investissement.

De cette expérience tout-à-fait probante, je tire 2 enseignements:

1) que le LBO peut être un outil financier intéressant, à condition de le manier avec prudence et discernement.

2) que comme toute conduite de projet, le charisme du dirigeant, son exemplarité, son discernement et la communication auprès des collaborateurs sont essentiels pour atteindre l'objectif.

 

* LBO : Leverage Buy Out : c’est le financement d’acquisition d’une société par l’emprunt. Pour racheter une société, on a recours à l’endettement bancaire en générant un effet de levier qui facilite l’acquisition.

 

 

 

 

Par Chris - Publié dans : Economie
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 20:04

 

 

 

Ethique et valeurs.

Le 15 janvier dernier, à l’initiative d’Olivier Roquain, nous sommes une trentaine réunis autour de Philippe DESSERTINE, directeur de l’Institut de Haute Finance (IHF), professeur d’économie à Paris X et…brillant économiste, pour un éclairage sur la crise économique.

 

Comment est née la crise ?

L’Europe vit au-dessus de ses moyens depuis 20 ans…

En 1989, la chute du mur de Berlin et l’ouverture vers les pays de l’est marquent un tournant dans la mondialisation.

Pour nous, occidentaux, la mondialisation signifie qu’il va falloir partager la galette avec d’autres : les pays émergents

Durant la période 1990-2000, le monde vit une période de croissance exceptionnelle.

Mais l’intégration des pays de l’est et la mise en place de l’Euro vont coûter 1 à 2 points de croissance par pays.

Or, pour les politiques, il est proprement impossible d’annoncer à leurs électeurs une baisse de leur pouvoir d’achat…

On va donc utiliser la dette pour maintenir la consommation.

 

Aux Etats-Unis : la relance par l’immobilier

A partir de l’an 2000, Allan Greenspan va baisser les taux d’intérêt (alors que la richesse du pays diminue…) avec une idée pratique : que chaque Américain devienne propriétaire.

Les conditions sont trop belles : le foyer moyen peut acquérir une maison payée à 100% par le crédit ! avec très souvent une possibilité de remboursement in fine…

Tout le monde se précipitant sur ces conditions, l’immobilier grimpe, les maisons prennent de la valeur et les acheteurs sont de plus en plus nombreux.

 

Beaucoup de monnaie créée sans produire de richesse aurait dû conduire au krach à brève échéance…

Celui-ci est évité grâce à la Chine qui achète massivement des dollars, permettant aux Américains de dépenser…en achetant du « made in China » !

(Elle a actuellement 2200 milliards de dettes en dollars !!!) soit la production d’une année entière…

En 2005, les Chinois produisent de plus en plus avec un risque de surchauffe.

Les Américains augmentent alors leurs taux pour éviter que l’immobilier ne baisse…

En parallèle sont apparus des « hedge funds », fonds spéculatifs non réglementés, permettant d’emprunter à taux bas avec des possibilités de rémunérations – et de risques- très élevés.

Les achats de hedge funds se sont propagés petit à petit dans toutes les banques, contaminant les banques traditionnelles avec des produits spéculatifs…

C’est cela qui va amener la crise des subprime.

 

Le Krach !

Le 1er krach a lieu en mars 2008 avec la faillite de Bear Stearns, une des plus grandes banques d’investissement américaine.

Le 2ème pic est la faillite de Freddy et Fannie, grosse société de crédits hypothécaires, le 1er week- end de sept 2008.

L’état américain se porte caution pour 5 000 milliards de dollars !!

Le 2ème w end, nouveau tremblement de terre avec la faillite de Lehmann Brothers, une des plus grandes banques d’investissement multinationale (CA de 46 milliards en 2006) .

A chaque fois, il faut trouver d’urgence un repreneur…

Bref, l’économie mondiale est passée bien près d’un véritable cataclysme…

 

Et après ?

La plupart des pays riches ont vécu au-dessus de leur moyen : les Etats-Unis, mais aussi la France, qui a laissé courir de façon totalement irresponsable le déficit de l’Etat.

 

Bref, Philippe Dessertine nous recommande une cure de rigueur, un adjectif  dont il va bien falloir s’accommoder… et nous promet – dans son nouveau livre : « Ceci n’est pas une crise » (éditions Anne Carrière) une société qui pourrait être plus juste et équitable, si nous acceptons de nous retrousser les manches !

 

Tour à tour grave, sérieux, enjoué, Philippe Dessertine nous a fait passer une excellente soirée, en nous faisant revivre ces incroyables évènements au travers des yeux et des paroles des principaux protagonistes, qu’il rencontre entre Paris, Londres et New-York.

 

Il sera présent bien sûr à notre 15ème Université Hommes-Entreprises sur la confiance, les 26 et 27 août 2009.

 

Par CECA - Publié dans : Economie
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