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Blog permettant d'échanger sur les valeurs de l'entreprise et des organisations: engagement, responsabilité, confiance,etc... Il est lié à une manifestation annuelle, visant à rappeler l'importance de mettre l'Homme au coeur de l'entreprise. De nombreux grands témoins: Michel Serres, Hubert Reeves, Axel Kahn, Dominique Lapierre, Guy Gilbert, Eric-Emmanuel Schmitt y ont participé.
Je n’ai pas fait HEC, mais j’ai lu le dernier livre de Florence Noiville : il est au cœur de l’actualité.
Pourquoi ?
Parce que, après être quand même passé à deux doigts d’un cataclysme économiquo-financier (voir les paroles de Philippe Dessertine au cours de la 15ème « Université Hommes-Entreprises »), avec forces rustines de quelques milliards, en France et ailleurs, nous avons l’impression que tout repart comme avant, comme si rien ne s’était passé : aucune remise en cause profonde de notre système libéral, aucune modification des règles comptables internationales, aucune vraie réflexion sur la place de l’Homme dans l’entreprise.
Les sommets internationaux ont posé les questions, mais il semble que les antagonismes Etats-Unis-Chine versus Europe ou Reste du monde aient encore de beaux jours…
Hors, au-delà du titre évidemment polémique, qui dépasse largement la question HEC, au demeurant excellente école de commerce, Florence Noiville pose une question essentielle : la question du sens de la vie professionnelle et de l’éthique de notre société.
Il y a 25 ans, fraîchement diplômée d’HEC, Florence Noiville est rentrée dans un grand groupe international, responsable du reporting financier d’une grande business unit…
Quelques mois après, à sa 1ère réunion, elle est interrompue dans sa présentation par l’actionnaire américain : « Very good, Florence, but the only good subject is : how can we make more money? » !!
Comme on sait que, dans les grands groupes, en l'absence de considération spéciale pour l'Homme, la tentation la plus directe pour faire plus de résultat est de licencier, c’est vite devenu un axe majeur du reporting pour cette société…
Et notre financière a quitté son employeur pour devenir journaliste…
Hélas, 25 ans après, les choses n’ont malheureusement pas évoluées : avant-hier, un ami, cadre dirigeant dans un groupe de prestations de services leader en Europe était contraint au départ, simplement parce qu’il avait le tord d’avoir dépassé 55 ans et que le cours de la Bourse avait plongé suite à la crise !...
Alors, oui, Florence Noiville a raison de poser également le problème de la formation et en particulier des futurs dirigeants, qu’elle soit assurée par HEC, ou par toute autre grande école de commerce ou d’ingénieurs.
Je suis quand même optimiste : cela fait des années qu’il n’y a pas eu de conjonctions aussi favorables pour un changement en profondeur de notre société :
Avec cette crise, dont les effets se feront probablement encore sentir en 2010 et 2011, le capitalisme sans âme a montré ses limites, voire son hérésie.
Certes, André Comte-Sponville a raison de dire (depuis 10 ans) que le capitalisme est a-moral, (à côté de la morale), mais c’est justement la raison pour laquelle nous devons, nous, cadres et dirigeants, être attentifs à y apporter du sens et des valeurs.
Et pour compléter ce motif d’espérance, les jeunes qui vont nous succéder sont lucides sur la société : un sondage commandé par l’Observatoire de la confiance de la Poste auprès des 15-25 ans* constate que :
les jeunes sont pragmatiques
observent que même si l’argent gouverne le monde, il ne vaut pas pour autant qu’on lui sacrifie ses propres valeurs et sa vie personnelle.
Alors, 2010-2020 : quelles valeurs transmettre ?
Ce sera le thème de notre 16ème Université Hommes-Entreprises.
Commentaires commentaireN°1
* sondage LH2
Publié le 20/01/2010 à 15h35